Débats locaux

Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /Fév /2007 22:50

Lundi 12 février
 
Forum participatif
 
Thème : "Education, formation, accès à l'emploi et au logement"
Organisateur : Section PS de Bayonne
Lieu : Local de la Confédération syndicale des familles (CSF),
5 bis avenue Jouandin – Bayonne
Horaire : 20h30
 
En préparation de ce débat, lire :
- Les synthèses de deux débats locaux : L'accès à l'éducation (2 février - Urcuit et Saint Pierre d'Irube) et "L'éducation" (26 décembre 2006 – Bidache)
- le cahier débat "Education"
- "Ce qu'a dit " la candidate sur la question du logement
…………………………………………..

Samedi 17 février 

Rassemblement politique et citoyen autour de Désirs d’avenir 64
 
Lieu : Oloron Ste Marie
 
Première partie de journée
12h00 : Moment Citoyen convivial et joyeux
Repas de l’amitié au restaurant la Ciboulette de Bidos
Participation 15€ Adultes Enfant <de 10ans 9€
Réservation jusqu’au 13 février
 
Deuxième partie de journée
15h30 : Moment Politique :
Restitution des synthèses des débats participatifs tenus sur le département en association avec la Fédération du Parti Socialiste, une Délégation du Conseil Régional et différentes personnalités politiques.
Avec la participation de nos partenaires
 
Plus d’informations sur cet événement : www.desirsdavenir64.com
 
Réservation par tél. :
France : 06 12 18 09 81
Raymond : 05 59 67 49 58
Danièle : 06 31 69 91 31
 
Réservation par courriel : desirsdavenir@voila.fr
Par segopaysbasque - Publié dans : Débats locaux
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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /Fév /2007 15:37

Débat participatif
Comité de Bayonne
5 février 2007
 
Synthétiseur(s) : Pierre Lalanne, Philippe Casenave
Public : une quarantaine de personnes
 
Les constats
 
Une nécessité d’infléchir le dérèglement climatique et donc lutter contre les gaz à effet de serre.
Les experts en climatologie prévoient une augmentation des températures moyennes comprise entre 2°C (pour les plus optimistes) et 8°C en un siècle dont les conséquences, déjà perceptibles aujourd’hui, pourraient se révéler catastrophiques pour l’humanité tout entière.
 
Le gaz carbonique, émis lors de la combustion de composés organiques (gaz, pétrole), est le gaz qui participe le plus à l’effet de serre.
 
Précisément, en France, les sources d’énergies fossiles représentent 72 % du Total de l’énergie utile consommée. Notre économie, notre mode de vie sont particulièrement dépendants de ces combustibles carbonés. Seule 21% de la consommation est d’origine électrique (18% nucléaire ou autre), et 7% est liée aux EnRs.
 
La plus grosse part des énergies fossiles consommées, en France et dans le monde, est issue du raffinage du pétrole :
En 2002, la consommation pétrolière mondiale s'est élevée à 3 714 millions de tonnes. La consommation en Europe (OCDE) s'est élevée à 735 millions de tonnes. La consommation française (y compris consommations des soutes) s'est établie, cette même année, à 92,9 millions de tonnes.
 
Le principal secteur utilisateur de produits pétroliers est celui des transports avec plus de 56% de la consommation pétrolière en 2004, suivi du secteur de l'industrie (dont la production d'électricité et les revêtements routiers) avec 22%. Le solde (22%) se partage entre le secteur domestique et tertiaire et l'agriculture.
 
Une nécessité de pallier la fin programmée des ressources en pétrole et préparer la transition énergétique.
Les réserves souterraines de pétrole étaient estimées à près de 140 milliards de tonnes au début 2003, à comparer à une production annuelle de l'ordre de 3,5 milliards de tonnes ces dernières années.
En l'état actuel des connaissances, les réserves de pétrole représentent près de 40 fois la consommation mondiale de pétrole en 2002.
 
Cependant, la demande mondiale de pétrole pourrait croître. L'Agence internationale de l'énergie prévoit en effet une augmentation des besoins de l'ordre de 50% en 25 ans, ce qui tend à réduire le nombre d'années de réserve. (D'autre part, ce n'est pas parce que nous disposons de gisements souterrains de pétrole que nous sommes techniquement capables d'extraire ce pétrole à n'importe quel rythme. Pour qu'une poursuite de la croissance de la production mondiale soit possible et pour éviter un renchérissement du pétrole, il faudra continuer à découvrir de nouveaux gisements, améliorer sensiblement l'exploitation des gisements anciens, par exemple l'amélioration du taux de récupération et mettre en œuvre des technologies nouvelles susceptibles de rendre économiquement exploitables de nouvelles sources d'hydrocarbures liquides (extraction d'huiles lourdes, liquéfaction du gaz naturel etc.)).
 
Nous devons donc tout faire pour réduire notre dépendance vis-à-vis du pétrole.
 
LES GRANDES ORIENTATIONS
 
Nous devons développer des énergies alternatives :
Si nous entendons « ramener la part de l'électricité d'origine nucléaire à 50 % d'ici à 2017 », aujourd’hui à 80%
En faisant appel aux éoliennes, une intervenante relevant que cela pose malgré tout le problème du « stockage d’énergie électrique »
Le solaire : « jusqu’il y a peu, la Région [Aquitaine] finançait des chauffe eau solaires mais cela revient cher »
L’hydrogène ; « on n’en parle pas du tout »
La recherche sur les biocarburants « mais cela peut être polluant car il y a à gérer les nitrates qui repartent dans les frontières ».
 
Plusieurs intervenants invitent à s’inspirer de ce qui marche à l’étranger :
« En Europe du nord ont été développées des bionormes, des formes d’habitat passif » [Le label « Habitat passif »regroupe avec les maisons passives des habitations qui savent optimiser les apports énergétiques solaires par le seul biais de leurs composants (fenêtres, murs) pour ensuite en bénéficier et tempérer les espaces intérieurs.] « L’habitat peut alors être générateur d’énergie »
En Allemagne, des villes ont réduit de 50% la part du nucléaire : « à Fribourg il y a des quartiers autonomes avec 1600 heures d’ensoleillement seulement »
« La communauté basque et navarraise a réfléchi à des solutions alternatives, la Navarre ayant pour objectif d’être complètement autonome dans 20 ans tant sur le plan de la consommation domestique que sur le plan de la consommation industrielle »
« Au Sénégal, dans de nombreux villages, on éclaire par le solaire pour 16-20 000 F des maisons de 140 m2. Les panneaux viennent de France mais ils commencent à les fabriquer, les onduleurs viennent de France mais aussi d’autres pays, des batteries de camions sont récupérées. Ils arrivent ainsi à éclairer toutes les maisons dans certains quartiers ou villages »
Dès lors l’objectif énoncé de réduire la part du nucléaire à 50% en 2017 « ne correspond finalement qu’à une baisse de 3% par an. C’est question de volonté politique »
Il est relevé que « Qu'il s'agisse des grandes centrales industrielles de production d'énergie (centrales nucléaires, ou à charbon), plus de 50 % de l'énergie produite, disparaît dans la nature (dans les lignes à haute tension par exemple).
 
Cette perte d'énergie se retrouve aussi dans la production du Gaz (surtout à travers les torchères, mais aussi par la porosité des systèmes de distributions plus ou moins bien entretenus, du gazoduc aux canalisations urbaines).
On retrouve le même taux de perte en matière de distribution de l'eau, dont les réseaux sont souvent très anciens, et particulièrement mal entretenu. Ces pertes d'énergies considérables sont un gaspillage insensé de la ressource, tout en contribuant largement à l'effet de serre et au réchauffement climatique. Dans le cas de l'eau, elles contribuent en plus à l'affaiblissement des nappes phréatiques.
Pour y remédier, il faut privilégier les formes de productions d'énergie (solaire, éolien, biomasse, co-génération, ou géothermie), directement à proximité des habitants, ce qui réduira considérablement les pertes dans les réseaux de distribution. Ces productions à l'échelle de l'habitat individuel, mais aussi et surtout à l'échelle d'un village ou d'un quartier, voire d'une agglomération, non seulement contribuent à lutter contre le réchauffement climatique, permettent aussi de réduire les déficits commerciaux, mais aussi la dépendance à l'égard des énergies fossiles, souvent produites à l'autre bout du continent ou de la planète, avec tous les risques géopolitiques que cela implique, envers ces pays particulièrement instables.»
 
De nombreux intervenants évoquent la nécessité de mettre l’accent sur les économies d’énergie
- Par les transports collectifs
- En développant l’isolation des logements ; « il faut imposer des normes et faire en sorte par une politique de subventions que tous les logements soient isolés » ;
 
La notion Haute Qualité Environnementale « a été longtemps vue comme un surplus, c’est désormais un élément indispensable. La question posée est celle du mode de développement qui met par exemple de très nombreux camions sur la route. »
 
S’agissant de l’eau « il tombe à Biarritz 1 500 mm d'eau par an et par mètre carré (pour parler clair 1 500 litres d'eau par m2 de surface au sol. Il n'en tombe que 900 mm à Fribourg, où les citernes de récupérations sont rendues obligatoires dans certains quartiers écologiques.
 
Il tombe donc au Pays basque (qui a la plus forte pluviométrie de métropole), environ 1,5 mètre cube d'eau par an par mètre carré de toiture. Pour une maison individuelle de 10 m/10 m, la surface de toiture est équivalente à 110 à 150 mètres carrés (avec les débords). Cette toiture pourrait théoriquement récupérer 150 à 200 mètres cubes d'eau par an.
Sans traitement, cette eau n'est pas directement utilisable pour la boisson ou la cuisine, mais peut servir aux toilettes (plus fort poste de consommation d'eau dans une maison) et l'arrosage du jardin, voire la lessive.
 
Selon que l'on soit économe ou grand consommateur d'eau, en France, la consommation moyenne par personne et par an se situe entre 22 et 45 mètres cubes. Chaque maison individuelle, chaque habitat collectif, peut, en récupérant dans des citernes l'eau tombée sur les toits, peut facilement réduire la consommation individuelle de 50 à 80 %. Voire plus s'il y a un traitement derrière.
Après traitement (osmose inverse, biofiltration, ou phytoépuration), cette eau est au moins aussi pure que celle en provenance des stations d'épuration, sans utilisations de produits chimiques (comme le chlore) et sans faire appel à des industriels de l'eau, avec tout ce que cela implique (marchés abusifs, corruption, rentes de situation…)
 
Ces équipements, aujourd'hui encore un peu coûteux pour de simples particuliers (ça ne se justifie pas en agglomération à l'échelle d'une maison individuelle) sont par contre particulièrement recommandés :
– pour des habitats dispersés (un quartier comme Arroussets par exemple)
– ou pour des habitats collectifs. À Fribourg, la plupart des logements construits à Riselfeld et Vauban, les deux quartiers écologiques de la ville (avec 13 000 et 5 000 habitants) traitent la majeure partie de leur eau pluviale, ainsi que les eaux grises par ces systèmes qui permettent de ne pas dépendre de lourdes et coûteuses stations d'épuration.
 
Étonnamment, la phyto-épuration (c'est à dire l'utilisation du lagunage et de plantes aquatiques pour purifier les eaux grises) obtiennent d'ailleurs des résultats bien meilleurs que les stations d'épuration industrielles, y compris pour les bacilles les plus résistants (comme les streptocoques, staphylocoques…), que les produits chimiques n'arrivent pas à éliminer.
 
Une seule installation par phytoépuration, peut traiter les eaux d'un quartier pouvant aller jusqu'à 2500 habitants, sans la moindre nuisance olfactive, tout en contribuant à l'amélioration visuelle du paysage. Cela n'est plus du tout au stade expérimental, certaines communes et bientôt régions en Europe du Nord, en Suisse, en Autriche, en Belgique, préconisant de plus en plus d'y avoir recours de façon systématique, alors qu'en France, la règlementation y fait encore largement obstacle… le lobby de l'eau, dans lequel la France est le leader mondial incontesté, n'y est sans doute pas pour rien.
 
Ces systèmes (osmose inverse, microfiltration, phytoépuration) permettent de faire vivre de nombreux techniciens, professionnels, paysagistes sans recourir à l'industrie chimique (dont il faut bien traiter les déchets)… dans lesquels pourront se réorienter, après formation, les travailleurs actuels des grands industriels de l'épuration comme Vivendi (ex générale des eaux) ou Suez environnement ou encore Veolia.
 
Les petites entreprises de service qui pourraient se créer dans ce secteur à proximité des consommateurs, pourraient être bien plus créateurs d'emplois que les industriels actuels dont les critères de rentabilités comptables et financières passent nettement au premier plan sur les considération sociales ou environnementales. »
 
Plusieurs intervenants expriment le souhait qu’une volonté politique soit clairement affirmée par les socialistes :
- « face aux soucis de la rentabilité immédiate » ;
- face aux lobbies ;
- en affirmant « des modes de régulation au niveau européen et mondial » (en opposition à la position des Etats-Unis sur le protocole de Kyoto)
- en précisant « notamment au niveau européen quel mode de développement nous voulons »
 
Au lieu de cela, il est relevé que, depuis la loi de finances 2006, « la fiscalité des Régions est adossée à la TIPP » et parallèlement les transporteurs de marchandises bénéficient de détaxes et de remboursements partiels de la TIPP par l’Etat.
 
Parallèlement « tout se passe comme si on voulait faire en sorte qu’il n’y ait pas d’autres choix que le nucléaire alors qu’il y a peut-être d’autres possibilités et d’autres domaines de recherche à développer avec l’hydrogène, les biocarburants »
 
Il faut aussi de la solidarité : « la France exporte plus d’énergie que les autres pays, mais certains pays ont aussi besoin de plus d’électricité que d’autres. De la même façon, à certains moments, les personnes veulent bien des éoliennes mais pas chez eux. Il faut accepter qu’il y ait davantage d’éoliennes, de panneaux solaires là où il y a plus de vent et plus de soleil. Il faut aussi davantage de solidarité entre les territoires au sein de la France mais aussi en Europe »
 
Une triple demande est exprimée :
 
- « Il faut une politique volontariste, par exemple pour la récupération des eaux de pluie, pour des panneaux solaires »,
 
- « Il faut donner plus de pouvoir à la puissance publique –à l’Etat, mais plus largement à la puissance publique (Régions, collectivités locales) - pour infléchir la politique »
Mais « il faudrait aussi que l’Etat soit obligé de faire appel à des cabinets indépendants, 2 ou 3 avant d’agir » car « l’Etat ne peut pas tout à la fois se définir comme arbitre, se désigner comme expert et être décideur »
 
Une autre manière de créer des contre-pouvoirs n’est-elle pas aussi de réfléchir à des modes de gestion plus proches des habitants.
« N’y a-t-il pas des politiques régionales à mettre en œuvre ? »
 
Des exemples locaux sont cités :
« Quand j’ai voulu installer des capteurs solaires ADEME, aucun constructeur n’était capable de faire le travail » « Dans ma commune –Bassussary- la commune interdit de mettre des capteurs scolaires sur les toits » « La récupération d’eau de pluie est interdite par ex pour le lavage du linge »
« La décentralisation en matière de décisions énergétiques pourrait donner des résultats importants »
Ensuite cela dépend ce qu’on en fait : « Localement, le Conseil général [des Pyrénées-Atlantiques] pour faire plaisir aux producteurs de maïs va miser sur le bioéthanol à partir du maïs. Or le maïs est fortement consommateur d’eau. Les élus ruraux n’osent pas toujours dire les choses »
Toujours à Fribourg : « 10 000 emplois directs ont été créés dans la recherche, l'industrie solaire, éolienne, et plus généralement liées à l'environnement. Lorsqu'on sait qu'un emploi industriel génère 3 à 4 emplois induits (notamment dans les services) cela représente au bas mot, 30 à 40 000 emplois créés autour des industries de l'environnement, pour un bassin de vie de 210 000 habitants, comparable à la côte basque, c'est tout à fait considérable.
 
Donc l’environnement est un « gisement d’emplois réel »
« Les bioénergies pourraient révolutionner les choses mais pour des raisons économiques, on les étouffe »
Il reste qu’ « on ne peut plus continuer à déléguer le problème aux entreprises »
« L’argent est un contre-pouvoir très puissant. De fait le pétrole n’est pas assez cher pour les transporteurs. A partir de là toutes les énergies alternatives ne sont pas compétitives. » « Il faut familiariser par le prix les esprits à l’idée que le pétrole est une ressource rare. Et il faut développer les énergies alternatives.
L’hydrogène peut être produit par le charbon, l’hydrolyse de l’eau, de dizaines de façons différentes, en fonction des sources d'énergie primaire dont on dispose, pour la stocker sous la forme de piles à combustible par exemple. On peut le faire avec de la géothermie comme en Islande (qui envisage à terme une autonomie énergétique grâce à ce procédé)
• avec toutes les manières industrielles de produire de l'électricité : hydroélectricité, nucléaire, centrales à pétrole ou charbon ou tout autre carburant fossile… éoliennes, solaire…
• mais aussi à proximité, chez soi : par réformage du gaz de ville ou avec le produit de toute l'électricité produite par une éolienne ou surtout une installation solaire domestique et qui ne serait pas consommée instantanément, par électrolyse de l'eau (si possible récupérée sur les toits)
 
Il faut investir massivement dans la recherche pour remplacer les formes fossiles qui ont tendance à disparaître. On trouve aussi des gisements de charbon, c’est utilisé par un peu tout le monde, notamment dans les pays en développement mais le charbon est l’énergie qui produit le plus d’effet de serre. Il y a une tentation de miser là-dessus alors que ce n’est pas la solution »
« Si on continue comme cela, on va à coup sûr dans le mur »
Plusieurs intervenants souhaitent donc que soit affirmé le rôle de l’Etat ou de la puissance publique : « l’Etat et l’Europe doivent encadrer. On attend ce discours. La différence entre la gauche et la droite, c’est que la gauche souhaite que l’être humain maîtrise son destin alors que ce n’est pas forcément le cas des libéraux. On ne peut pas être dans l’incantatoire, il est important que l’E    tat dise le Droit en la matière, qu’il y ait une politique incitative au travers d’aides aux initiatives locales, d’une fiscalité. Il faut donner un fil rouge, un cadre pour savoir où on va. Une politique de gauche, c’est montrer une volonté d’encadrer les choses et cela ne s’arrête pas aux frontières de l’Etat ».
 
L’Etat a « un rôle de pilotage, de réglementation. Il y a des notions de service public, de régulation forte ».
« La régulation est désormais largement à l’échelle de l’Europe qui indique souvent des règles que la France ne respecte pas.
La gestion très centralisée de l’Etat en France est très différente d’autres pays. Il faut pousser la décentralisation beaucoup plus loin pour qu’il y ait une gouvernance locale sur laquelle les usagers pourront davantage peser. Lorsque l’on donne des pouvoirs forts aux régions, la proximité des citoyens permet de mieux encadrer et d’éviter les dérives »
Mais évoquer l’Europe suppose aussi «que l’on se parle, afin qu’il puisse y avoir des négociations soit d’Etat à Etat, soit à l’échelon européen » puisque par exemple chacun détermine aujourd’hui son prix du carburant mais cela suppose aussi des normes sociales communes.
 
La question du ferroutage fait aussi débat.
Chacun s’accorde à dire qu’il faut le développer « mais cela fait 15 ans qu’on en parle. La SNCF est en chute pour le fret alors que localement le trafic routier augmente de 3% par an. »
« Pour les transporteurs, tant que le fuel n’est pas plus cher, le ferroutage ne progressera pas. La taxe à l’essieu a été supprimée sous Barre en 1973 non par choix technique ou écologique mais par seul choix économique car au même moment on a augmenté la taxe sur les salaires car cela rapportait plus, les entreprises de transport comptant souvent de nombreux salariés »
« Les grandes entreprises de transport travaillent à flux tendu. Il faudrait adapter la logique du ferroutage à l’express en réservant des voies de circulation qui ne fonctionnent que pour l’express, ces entreprises ayant souvent besoin de livrer dans les 12 heures »
« Pour développer le ferroutage, il faut une politique volontariste qui efface les difficultés de la SNCF pour concurrencer la route, avec une politique des carburants et toute une politique incitatrice. C’est ce qui se fait en Autriche pour développer le ferroutage. »
« La rénovation des lignes principales est satisfaisante. Les lignes secondaires sont laissées à l’abandon car le fret n’a pas suivi. Mais on a un réseau qui permet le ferroutage, avec une possibilité d’utiliser des containers. Il n’y a pas forcément une possibilité de fret lourd, mais le fret express est possible, balayant l’Europe et répondant à une demande de flux tendus. Il faut une politique volontariste. Il est clair que des lignes nouvelles permettent plus facilement de le faire mais des réponses au travail à flux tendu des transporteurs sont possibles à partir des lignes actuelles. Il manque une volonté politique et économique que le PS doit appeler de ses vœux »
Par segopaysbasque - Publié dans : Débats locaux
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Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /Fév /2007 11:36


Débat participatif le 2 février 2007
Urcuit- Saint Pierre d'Irube
 
 
Synthétiseur(s) : Jean-Bernard Samson, Luc Quemeneur, Monique Larran-Lange, Philippe Casenave
 
Comité(s) : Urcuit, St Pierre d’Irube
Participants : Une trentaine de personnes (militants et non militants pour moitié)
 
1. Constats partagés au cours du débat et causes de la situation actuelle
  • A l’école primaire.
Grandes Tendances : Les suppressions de postes
Elles touchent de très nombreuses communes, de nombreux intervenants évoquant le manque de moyens, à l’origine d’importantes difficultés de l’école pour assumer leurs missions.
 « Pépites » et Témoignages
« Les suppressions de postes, c’est la mort de l’école »
Et au-delà l’école s’inscrit aussi dans un territoire. Ailleurs, ce serait la classe du village. Ici « c’était l’école du quartier. C’est aussi la vie du quartier qui est en cause »
C’est donc l’ensemble d’un territoire qui est déstabilisé au travers de cette politique
Le « travail en groupe » pour les enfants avec « tutorat » des élèves en avance sur les autres est efficace. Mais nécessite des classes moins chargées ce qui est incompatible avec les suppressions de postes d'enseignants.
 
Grandes Tendances : L’enseignement des langues régionales en danger
« Pépites » et Témoignages
En Pays Basque, les suppressions de postes touchent de façon importante les classes bilingues Français – Basque mises en place dans l’enseignement public en lien avec l’association de parents Ikas-Bi
 
Grandes Tendances : Le risque d’altérer l’image même du service public auprès des familles
« Pépites » et Témoignages
« On a un manque de moyens pour mettre en place les programmes. Du coup, certains parents sont tentés de mettre leurs enfants dans le privé »
C’est aussi vrai dans l’enseignement des langues régionales où les parents vont finir par abandonner les classes bilingues Basque – Français proposés dans le cadre du service public qui sont privées de moyens
 
Grandes Tendances : Une communauté éducative qui doute
« Pépites » et Témoignages
« Lorsque les enseignants ne savent pas où ils seront l’an prochain, c’est difficile de s’impliquer »
Or la stabilité sur un poste règle beaucoup de problèmes !
 
Grandes Tendances : Des interrogations sur les méthodes et la crainte pour les parents du « décrochage » des enfants
« Pépites » et Témoignages
Des interventions contradictoires mettent en cause la méthode globale ou la soutiennent mais derrière ce débat s’exprime aussi la volonté pour les parents d’intervenir dans le soutien scolaire et la crainte du décrochage pour leur enfant : « la méthode globale est difficile à suivre pour les parents »
 
Grandes Tendances : Une crainte renforcée par un système de notation ou d’évaluation qui peut stigmatiser certains jeunes selon certains intervenants
« Pépites » et Témoignages
« Le système de notation stigmatise les enfants, des pays nordiques ont abandonné ce système d’évaluation ».
Pour d’autres, « la note est aussi un moyen de vérifier si l’enfant a bien compris, c’est d’abord un moyen d’évaluation ».
 
Grandes Tendances : Certains enfants sont très tôt en échec, l’illettrisme interroge des intervenants
« Pépites » et Témoignages
« Officiellement en France, il y a 10% d’illettrés qui sortent de l’école » mais aussi : « combien y avait-il d’illettrés avant ? »
 
Grandes Tendances : Des interrogations sur les contenus :
- la question du « sens » de l’enseignement
- et un appel à l’innovation y compris en s’inspirant de ce qui fonctionne bien dans d’autres pays européens
« Pépites » et Témoignages
Dans un contexte où les moyens diminuent, « on demande toujours plus à l’école. On demande de mettre en place des cours d’informatique, de sport, d'anglais, et maintenant l’inspection d’académie demande de mettre en place des cours de bridge »
Parallèlement, « on est trop dans une école traditionnelle » à l’heure où de nouveaux outils d’éducation s’imposent : TV, NTIC…
Résultat: - l'accumulation de matières, conjuguée à la réduction des effectifs, rend difficile le suivi des élèves en difficultés notamment en lecture,
- L'insatisfaction des professeurs les amène à demander leur mutation et les projets pédagogiques sur 3 ans ne peuvent être menés à bien! On retrouve le problème de la stabilité!
 
Grandes Tendances : Un enseignement des langues étrangères défaillant
« Pépites » et Témoignages
« Nous sommes très en retard par rapport à d’autres pays »
Il faut favoriser les séjours linguistiques dans le cadre de l'école!
  • Au collège et au lycée
Grandes Tendances : Constat : une sélection par l’échec avec une voie royale offerte par l’enseignement général
« Pépites » et Témoignages
« On est dans une sélection par l’échec avec une voie scientifique qui est privilégiée »
« Le collège devrait être le prolongement de l’école. Or il n’est souvent conçu que comme un petit lycée »
« Tout se passe comme s’il y avait une voie royale avec l’enseignement général qui renvoie à l’enseignement professionnel ceux qui ne sont pas bons en maths »
« C’est une illusion d’amener tout le monde au bac »
 
Grandes Tendances : Nous vivons de plus dans une société où les métiers manuels sont dévalorisés
 
Grandes Tendances : Des parents écrasés par leur précarité
« Pépites » et Témoignages
Les parents auraient aussi « un rôle pour assurer à leurs enfants une culture générale », les encourager à aller à la bibliothèque…, mais « certains parents, écrasés par leur précarité ne le peuvent pas »
 
Grandes Tendances : Une orientation trop précoce ou… ?
« Pépites » et Témoignages
Certains jugent qu’« on demande aux enfants de se déterminer trop tôt » ; « on voit parfois des gamins arriver dans l’apprentissage ou sur des voies de garage ».
D’autres mettent en garde : « attention à ne pas maintenir des enfants dans l’échec alors qu’il y a la possibilité de les remobiliser en les orientant vers des métiers du BTP »
 
Grandes Tendances : La question des rythmes scolaires
« Pépites » et Témoignages
« On parle d’éducations surveillées. Moi j’ai l’impression qu’on demande déjà beaucoup aux jeunes »
 
Grandes Tendances : Le suicide est la 2e cause de mortalité chez les jeunes
« Pépites » et Témoignages
« Il faudrait s’interroger aussi sur le malaise de nombreux jeunes »
 
Grandes Tendances : Le respect du projet de vie du jeune passe parfois au second plan
« Pépites » et Témoignages
La pression dés le plus jeune âge , de l'orientation, de la notation, de la peur des parents qui pensent déjà au chômage, créent une souffrance chez des jeunes qui ne trouvent pas dans l'école un lieu d'épanouissement pour préparer leur avenir ! « L’idéal serait de donner au jeune les moyens de son épanouissement et le laisser libre de son projet de vie mais dans le contexte actuel on ne s’y autorise pas »l
 
Grandes Tendances : Le système éducatif est aussi jugé par un intervenant « très centralisé »
 
2. Propositions
  • A l’école primaire
Grandes idées : La « stabilité des postes » et la question des moyens
« Pépites » et Témoignages
« Les enseignants se font aujourd’hui balader. Ca ne leur donne pas envie de s’impliquer »
« L’enseignement, c’est comme la santé, cela ne doit pas forcément être rentable. Cela veut aussi dire que les impôts devront peut-être augmenter »
 
Grandes idées : Reposer la question du soutien scolaire en mobilisant des moyens pour l’Education nationale et en faisant appel à d’autres méthodes (tutorat, travail de groupe…) pour soutenir les enfants en difficulté.
Le travail de groupe développe aussi chez l’enfant un esprit de solidarité
« Pépites » et Témoignages
Un intervenant se demande s’il ne faut pas revenir à « des groupes de niveaux », regrouper les bons, les moyens, les mauvais.
Interpellé par plusieurs autres qui évoquent le risque de « ségrégation », il reformule son souci : « l’école primaire doit mieux prendre en compte les enfants en difficulté »
Une enseignante défend l’hétérogénéité à l’école : « pour que les choses fonctionnent, il faut qu’il y ait de tout. On peut développer du travail de groupe, du travail en équipe. L’enfant qui suit sera aussi mis en valeur, sera amené à reformuler pour aider l’autre à mieux comprendre. Des actions de tutorat peuvent aussi être développées »
 
Grandes idées : Donner des moyens à l’éducation prioritaire
« Pépites » et Témoignages
« L’échec de certaines ZEP renvoie aussi à des problèmes de moyens » mais ceux-ci touchent aussi d’autres établissements
 
Grandes idées : Revoir les méthodes et les modes d’évaluation ?
« Pépites » et Témoignages
« Dans notre école, on a abandonné la notation. On indique : compétence acquise, non acquise, en cours d’acquisition. On est davantage dans l’évaluation »
 
Grandes idées : Revoir les contenus en tenant compte des évolutions de la société…
« Pépites » et Témoignages
« Il faut tenir compte des évolutions de la société. Les médias, les NTIC, très présents dans l’acte éducatif auprès des jeunes doivent être utilisés en complément »
 
Grandes idées : … en associant mieux les enseignants …
« Pépites » et Témoignages
Une mère d’élève exprime l’impression que « les programmes sont modifiés sans véritable concertation avec les enseignants. On ne s’appuie pas sur des projets venant de la base ».
 
Grandes idées : …et en s’appuyant sur un projet pédagogique associant mieux les acteurs éducatifs…
« Pépites » et Témoignages
Les enseignants « manquent de temps pour mener un projet pédagogique » qui devrait servir de base et « associer aussi les parents au suivi de l’enfant »
 
Grandes idées : Revoir en profondeur l’enseignement des langues étrangères
« Pépites » et Témoignages
« Il faut peut-être financer des séjours, ou concentrer 15 jours ou un mois sur la pratique des langues »
 
Grandes idées : Développer l’enseignement des langues régionales
« Pépites » et Témoignages
« L’enseignement bilingue dans les établissements publics doit être soutenu »
 
Grandes idées : Avoir un discours qui redonne confiance aux enseignants
« Pépites » et Témoignages
« Les politiques doivent s’attacher par leur discours à réaffirmer cette confiance »
  • Au collège et au lycée
Grandes idées : Il faut « diversifier les voies de réussite : enseignement général, enseignement professionnel…, mettre ces différentes voies à égalité »
« Pépites » et Témoignages
« Des personnes ont très bien réussi professionnellement en passant par l’enseignement professionnel »
« Pourquoi tous les enfants devraient-ils passer par les mêmes apprentissages, le même moule »
 
Grandes idées : Introduire l’enseignement technologique dès le collège
« Pépites » et Témoignages
« Il faut introduire l’enseignement technologique dès le collège pour préparer à l’idée que l’enseignement professionnel offre une autre voie de réussite »
 
Grandes idées : Des passerelles doivent être développées entre les voies d’enseignement
« Pépites » et Témoignages
« Il faut croire dans les capacités des élèves, leur faire confiance. Parfois l’apprentissage de savoirs se fait quand l’enfant se rend compte lui-même »
 
Grandes idées : L’existence de la carte scolaire doit être maintenue tout en s’attaquant à la mixité sociale qui n’existe pas toujours dans les quartiers
 
Grandes idées : Revaloriser les métiers sociaux
« Pépites » et Témoignages
« C’est aussi un choix de société, remettre du respect dans les lycées professionnels, les métiers manuels d’artisans »
 
Grandes idées : Orientation et citoyenneté : une orientation trop précoce risquerait aussi de priver les enfants d’une éducation à la citoyenneté
« Pépites » et Témoignages
« Attention à ce qu’une orientation trop précoce ne prive nos enfants de l’enseignement de l’histoire, la philosophie, tout ce qui renvoie à la compréhension du monde. Je ne voudrais pas que les enfants à venir n’aient pas la même chance que j’ai eue moi »
 
Grandes idées : Contenus : des priorités à repréciser ?
« Pépites » et Témoignages
« En collèges et lycées, on assiste à un éparpillement des matières »
 
Grandes idées : La question des rythmes scolaires et la revalorisation du sport
« Pépites » et Témoignages
« Il faut repenser les rythmes scolaires, voir aussi les temps des sports et des loisirs »
« Il faut donner à l’enfant le temps d’être enfant »
« Le sport permet à certains jeunes d’être revalorisés, ou d’être confrontés à l’échec »
  • Transversal
Grandes idées : S’inscrire dans une logique de parcours et la formation tout au long de la vie
« Pépites » et Témoignages
« A quel moment prenons-nous en considération l’enfant pour ce qui est de son avenir et de son environnement ? Il faut bien sûr à l’école être dans les savoirs, les savoirs faire, les savoir être. Mais trop souvent les enfants sont orientés vers les filières professionnelles par défaut. On n’est pas du tout dans la logique de parcours. On ne se pose pas la question avec le jeune : est-ce que tu as envie d’aller vers la filière technique ? Dans la logique de parcours, pourrait aussi s’inscrire la formation tout au long de la vie »
 
Grandes idées : Le lien école – marché du travail
« Pépites » et Témoignages
« Les formations proposées devraient être davantage en lien avec le bassin d’emploi », souligne un intervenant.
Un autre s’inquiète d’une école qui obéirait aux seuls besoins des entreprises
 
Grandes idées : Changer l’image des métiers
« Pépites » et Témoignages
« Le service public de la télé aurait aussi son rôle à jouer pour parler de certains métiers de manière valorisante »
 
Grandes idées : La santé des jeunes
« Pépites » et Témoignages
« Il faudrait aussi développer la médecine scolaire »
 
3. Organiser la suite du débat, localement
Par segopaysbasque - Publié dans : Débats locaux
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